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La scandaleuse décision des médecins de la Cnas
20 mars 2016
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Le cri de détresse des blessés médullaires

Le cri de détresse des blessés médullaires

Par ignorance, des médecins de la CNAS ont rejeté une demande de remboursement des sondes lubrifiées pour auto-vidange de la vessie des blessés médullaires et des enfants atteints de Spina-Bifida. Ce matériel est pourtant indispensable pour la préservation de la fonction rénale et même pour le pronostic vital de ces patients.

Liberté : Vous venez d’adresser une correspondance au ministre de la Santé pour l’alerter sur le refus de la Cnas de procéder au remboursement des sondes urinaires pour autosondages intermittents. Pourquoi ce refus ?
Atika El-Mamri : Une commission ONAAPH/Cnas se réunit périodiquement pour enrichir la liste des produits remboursables. Pour cette année 2014, deux réunions ont eu lieu. Nous avons approché les médecins spécialistes de la Cnas qui composent cette commission pour leur expliquer que les sondes à usage unique utilisées cinq fois par jour par les blessés médullaires et les enfants atteints de spina-bifida permettaient à ces patients de vider eux-mêmes leur vessie qui est paralysée et donc qui ne se vide pas spontanément. Ce système d’autovidange des vessies neurologiques est utilisé depuis 40 ans de par le monde ! Ces sondes sont enfin disponibles en Algérie. Auparavant, les quelques patients paraplégiques ou certains parents d’enfants atteints de spina-bifida se les procuraient en sollicitant des amis de France ou d’Angleterre après de lourds sacrifices financiers. Les autres, et donc la majorité, restaient sous sonde à demeure durant des années et mouraient jeunes, non pas de leur handicap, mais d’une insuffisance rénale induite par l’absence de ces sondes. Les médecins de la Cnas ne connaissant pas le problème et n’étant pas spécialistes dans le domaine ont simplement refusé leur remboursement ! Ils ont affirmé que ces sondes, distribuées en milieu hospitalier, n’étaient utilisées qu’une fois tous les quinze jours. Ce qui est faux.

Un collège de professeurs en urologie a confirmé, pourtant, l’impératif de l’autosondage pour la préservation notamment de la fonction rénale. Pourquoi cet avis n’a-t-il pas été pris en compte ?
Atika El-Mamri :Le consensus établi en Algérie et de par le monde par des experts spécialistes de la vessie neurologique (urologues et médecins

 rééducateurs) sur l’impératif de l’utilisation de ces sondes par les patients eux-mêmes par autosondage intermittent est pourtant connu de la Cnas, mais n’a eu aucun effet ! Ceci est dû, à notre avis, au fait que ce type de commission, comme celle de la Cnas, fonctionne en autarcie et ne s’ouvre pas à d’autres avis. Il est temps que ces pratiques, qui vont à l’encontre de la santé des malades, prennent fin et que les commissions chargées de prendre des décisions consultent les spécialistes et les patients utilisateurs !

Quel est le retentissement de cette décision sur les blessés médullaires et les enfants atteints de spina-bifida ?
Atika El-Mamri: Ces patients, qui n’ont pas recours au système de vidange qu’est l’autosondage ou parce que leur médecin traitant ne leur en a jamais prescrit, utilisent des sondes à demeure, dont ils gardent la même, parfois 15 jours. Ce qui occasionne de gros dégâts sur le plan urinaire : fistule urétrale, lithiase vésicale, reflux urétral. Ces complications les menant inexorablement vers la dialyse, s’ils survivent ! Ils doivent apprendre, en urgence, les pratiques de vidange de la vessie. Un examen de systomanométrie doit leur être prescrit pour voir dans quel état se trouve tout l’appareil urinaire et, par la suite, organiser des séances d’éducation à l’utilisation des sondes à usage unique pour le sondage intermittent. Tout ce processus doit être lancé dès la première hospitalisation en service de réadaptation des blessés médullaires et être inscrit dans le programme de soins. Mais, c’est rarement le cas. Les paraplégiques qui recourent à l’autosondage dépensent jusqu’à 30 000 DA par mois pour ces soins (5 sondes utilisées par jour à raison de 250 DA par unité). C’est un budget énorme. La Cnas doit procéder au remboursement de ce dispositif médical.


Source: http://www.liberte-algerie.com/actualite/le-cri-de-detresse-des-blesses-medullaires-206433

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